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Qu’est ce que l’intelligence économique ?

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L’intelligence économique est l'ensemble des activités coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion de l'information utile aux acteurs économiques en vue de son exploitation. On peut y ajouter les actions d'influence et de notoriété. Elle se différencie de l’espionnage économique et/ou industriel car elle se développe ouvertemen et utilise uniquement des sources et moyens légaux. La plupart des professionnels du secteur la conçoivent dans un esprit d'éthique et de déontologie. Ils s'engagent souvent à respecter une charte dans ce domaine.

L a plupart des spécialistes résument l'intelligence éco- nomique par une trilogie : veille (acquérir l'information straté- gique pertinente), protection des informations (ne pas laisser connaître ses secrets) et influence (propager une information ou des normes de comportement et d'in-terprétation qui favorisent sa stra- tégie). Tous les référentiels en intelli- gence économique mettent l'ac- cent sur la trilogie formée par acquisition de l'information (veille...) , sa protection et enfin l'in- fluence. L'insistance sur l'influence, (à la fois sous la forme du lobbying, de l'influence politique de soutien aux conquêtes de marchés par les entreprises, mais aussi de capacité d'imposer internationalement des normes, images, valeurs et idées générales favorable à vos des- seins économiques) est une des caractéristiques des chercheurs français. À la différence de l'information qui fait l'objet de la veille ou de la protection du patrimoine informa- tionnel et qui a besoin d'être vraie pour être utile, l'information dont traite l'influence est un objet de croyance. Ce qui importe, ce n'est pas qu'elle soit conforme à la réalité mais que beaucoup y adhérent (ou du moins, ceux que l'on désire in- fluencer, comme le législateur ou le dirigeant dans le cas du lobbying). Avec le débat sur le patriotisme économique, cette approche qui met largement l'accent sur les fac- teurs politiques, idéologiques et de communication de l'intelligence économique constitue une sorte de pécificité nationale.

DÉFINITIONS

La définition de l'intelligence économique a longtemps fait l’ob- jet d’intenses débats théoriques et pratiques. La première définition de l'intelligence économique mo- derne date de 1967 par Harold Wi- lensky, dans un ouvrage intitulé : "L'intelligence organisationnelle". Il définit l'intelligence économique comme l'activité de production de connaissance servant les buts éco- nomiques et stratégiques d'une or- ganisation, recueillie et produite dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes. L’univers de l’intelligence écono- mique étant très vaste, il englobe parfois des réalités très différentes. A titre d'exemple, voici quelques définitions reflétant les différentes tendances observables dans le do- maine de l'intelligence écono- mique:

• Le rapport Martre, œuvre col- lective du Commissariat du Plan in- titulée Intelligence économique et stratégie des entreprises (La Do- cumentation Française, Paris, 1994), donne la définition suivante : « L’intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'infor- mation utile aux acteurs écono- miques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection néces- saires à la préservation du patri- moine de l'entreprise, dans les meilleures conditions de délais et de coûts. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques néces- saires à l’atteinte des objectifs dé- finis par l’entreprise dans le but d'améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l'entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle inin- terrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l'entre- prise. »  

• Définition de Christian Har- bulot  : l’intelligence économique se définit comme la recherche et l’interprétation systématique de l’information accessible à tous, afin de décrypter les intentions des ac- teurs et de connaître leurs capaci- tés. Elle comprend toutes les opérations de surveillance de l’en- vironnement concurrentiel (protec- tion, veille, influence) et se différencie du renseignement tradi- tionnel par : la nature de son champ d’application, puisque qu’elle concerne le domaine des informations ouvertes, et exige donc le respect d’une déontologie crédible ; L’identité de ses acteurs, dans la mesure où l’ensemble des personnels et de l’encadrement – et non plus seulement les experts – participent à la construction d’une culture collective de l’information ; ses spécificités culturelles, car chaque économie nationale produit un modèle original d’intelligence économique dont l’impact sur les stratégies commerciales et indus- trielles varie selon les pays.

• Le rapport Intelligence écono- mique,compétitivité et cohésion so- ciale, rapport au Premier ministre du député Bernard Carayon (La Documentation Française, Paris, janvier 2003), M. Carayon en a fait, quant à lui, "une politique publique de compétitivité, de sécurité éco- nomique, d'influence, notamment auprès des organisations interna- tionales, et de formation. Elle pro- cède d'une grille de lecture originale de la mondialisation qui prend en compte le quotidien de la vie des marchés, le contournement de ces règles, les jeux de puis- sance et d'influence". C'est une "vi- sion nouvelle", que le député croit essentielle, "comme ont pu l'être, en leur temps, les politiques de la miques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection néces- saires à la préservation du patri- moine de l'entreprise, dans les meilleures conditions de délais et de coûts.L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques néces- saires à l’atteinte des objectifs dé- finis par l’entreprise dans le but d'améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l'entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle inin- terrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l'entre- prise. »

• Définition de Christian Har-bulot  : l’intelligence économique se définit comme la recherche et l’interprétation systématique de l’information accessible à tous, afin de décrypter les intentions des ac- teurs et de connaître leurs capaci- tés. Elle comprend toutes les opérations de surveillance de l’en- vironnement concurrentiel (protec- tion, veille, influence) et se différencie du renseignement tradi- tionnel par : la nature de son champ d’application, puisque qu’elle concerne le domaine des informations ouvertes, et exige donc le respect d’une déontologie crédible ; L’identité de ses acteurs,  dans la mesure où l’ensemble des personnels et de l’encadrement – et non plus seulement les  xperts – participent à la construction d’une culture collective de l’information ; ses spécificités culturelles, car chaque économie nationale produit un modèle original d’intelligence économique dont l’impact sur les stratégies commerciales et indus- trielles varie selon les pays.

• Le rapport Intelligence écono-mique,compétitivité et cohésion so- ciale, rapport au Premier ministre du député Bernard Carayon (La Documentation Française, Paris, janvier 2003), M. Carayon en a fait, quant à lui, "une politique publique de compétitivité, de sécurité éco- nomique, d'influence, notamment auprès des organisations interna- tionales, et de formation. Elle pro- cède d'une grille de lecture originale de la mondialisation qui prend en compte le quotidien de la vie des marchés, le contournement de ces règles, les jeux de puis- sance et d'influence". C'est une "vi-sion nouvelle", que le député croit essentielle, "comme ont pu l'être, en leur temps, les politiques de la Ville, du Logement, du Développe- ment durable..." L'intelligence économique est "une politique publique d'identifica- tion des secteurs et des technolo- gies stratégiques, d'organisation de la convergence des intérêts entre la sphère publique et la sphère privée", rappelle le député. C'est "une politique publique se dé- finissant par un contenu et par le champ de son application. Le contenu vise la sécurité éco- nomique. Il doit définir les activités que l'on doit protéger et les moyens que l'on se donne à cet effet. Il détermine comment ac- compagner les entreprises sur les marchés mondiaux, comment peser sur les organisations inter- nationales où s'élabore aujourd'hui les règles juridiques et les normes professionnelles qui s'imposent aux États, aux entreprises et aux citoyens".

• Définition de Claude Revel; cette définition, complète et ac- tuelle, présente bien l'intelligence économique sous ses 3 volets, c'est-à-dire la gestion d'information et des connaissances, la protection et l'influence: "L’intelligence écono- mique, c’est la maîtrise de l’infor- mation, le but étant de connaître son environnement extérieur et par conséquent d’adapter par avance sa conduite. Elle permet d’identifier les opportunités et les détermi- nants du succès, d’anticiper les menaces, de prévenir les risques, de se sécuriser, d’agir et d’influen- cer son monde extérieur dans une optique de compétitivité internatio- nale. L’intelligence économique se compose de trois volets. Le premier concerne le traite- ment de l’information. Cela consiste à recueillir les informa- tions nécessaires, à les trier et à les valider. En d’autres termes, ce premier volet consiste à avoir l’in- formation pertinente sur ses concurrents, sur les règles et les normes et d’une manière générale sur tout son environnement exté- rieur international. Le deuxième volet consiste à se sécuriser au niveau matériel mais surtout au niveau immatériel, c’est- à-dire à avoir la capacité d’antici- per les risques et les problèmes qui se rattachent notamment à la pro- priété intellectuelle, aux attaques sur son image ou sur son capital. Ce deuxième volet accorde une grande importance à la sécurisa- tion des actifs immatériels. Le troisième volet consiste à sa- voir influencer et argumenter, convaincre, négocier, faire du lob- bying professionnel mais égale- ment à savoir exercer l’influence normative en anticipant les règles et les normes internationales et en participant éventuellement à leur élaboration. L’intelligence économique per- met de mieux connaître ses concurrents, les donneurs  d’ordre, les règles et les normes qui peu- vent influencer son activité et donc d’agir sur son environnement au lieu de le subir. Reste à noter que l’intelligence économique doit être déontologique et loin des pratiques d’espionnage, de vol et de trafic d’influence.

A suivre

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